Témoignage du fondateur de l’association

M’intéressant depuis de nombreuses années, au lynx boréal, fin 2013, j’acquiers mon premier piège-photo. Je pose la caméra sur un site qui me semble approprié pour détecter d’éventuels passages. J’ai auparavant recoupé les informations auprès de la population locale concernant la présence du lynx. Le site va s’avérer beaucoup plus productif que je ne m’y attendais.

J’adressais mes premières vidéos à Pierre-Emmanuel Briaudet, animateur régional du réseau loup-lynx. Assez rapidement, au vu des fréquences rapprochées des passages et du nombre de vidéos que je lui ai adressées, il m’indique que sur ce site il passe plusieurs lynx différents.

Du fait que de nombreuses vidéos soient inexploitables, il décide de m’attribuer un piège-photo plus performant. Jérémie Lucas, qui secondait Pierre-Emmanuel, est venu d’Isère posé le nouveau piège-photo. 

A la même période, je décide de partager les vidéos sur mon blog « lynx dans l’Ain » en intégrant des témoignages de bugistes. Très rapidement, le blog a du succès, des photos, vidéos m’arrivent d’un peu partout du département de l’Ain.

A cette époque, Nicolas Mauron (OFB), qui n’était pas encore le responsable des identifications pour l’Ain intervient à propos de plusieurs erreurs qu’il note sur le blog concernant les lynx présentés.  Quelques mois après, il prendra la main sur les identifications. Je lui adressais de nombreuses photos et vidéos (via mon piège-photo et les images reçues à partir du blog), je suis enthousiasmé par ses retours (fiches), je découvre un travail fabuleux d’identification.

Au vu de ce travail exceptionnel réalisé, je souhaitais organiser une réunion-conférence, je m’adresse donc à son responsable hiérarchique Mathieu Gautheron, qui m’indique qu’il n’est pas possible pour eux de faire une intervention pour un particulier.  

L’association Igma-Biodiversité a été créée en juin 2020 entre autres pour cette raison. Nicolas Mauron viendra ensuite chaque année présenter à l’association des données pour notre département.

Lors de ses interventions, il nous apprend que les lynx qu’il a sur la base de données, sont visibles en moyenne 5 années puis disparaissent. Il nous explique des déplacements d’individus qui par exemple partent du Jura, traversent notre département pour se rendre en Savoie, en Isère. Certains s’installent, d’autres reviennent. Un autre exemple : un lynx adulte parti du Jura traverse le département de l’Ain, avant de partir plein ouest, vers le département du Rhône.   

Afin d’enrichir nos connaissances sur ce félin, IGMA biodiversité accueillera Stéphane Régazonni qui était, à ce moment-là, le référent national pour le lynx boréal à l’O.F.B, puis Jean-Michel Vandel (Unité Prédateurs et Animaux Déprédateurs et Exotiques, Direction de la Recherche et Appui Scientifique de l’O.F.B.)

Au fil des années, une belle dynamique s’est mise en place autour du suivi, dynamique qui se poursuit actuellement, mais différemment : l’OFB reste le maitre d’œuvre de ce suivi de l’espèce, les identifications sont réalisées directement par diverses personnes certifiées par l’OFB. Un regret de ma part : l’absence d’une vision globale de la population de lynx dans notre département (Ain) avec une synthèse annuelle partagée par toutes les associations et l’OFB, qui permettrait de mieux cerner l’évolution de la population.

Christian Frégat

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