Depuis maintenant une dizaine d’années, j’ai rencontré une personne formidable. Elle se nomme Gilles Vuilleumier. Nous nous sommes rencontrés lors d’un temps de bénévolat pour l’association des parents d’élèves de l’école de nos enfants. Il me raconte ses randonnées dans le Mont des Princes, au-dessus de Seyssel. Cela me rappelle mes balades d’enfance avec mon Grand-père.
Je lui demande de partager ses balades afin de connaitre les chemins qu’il emprunte. Et de là, une très belle amitié naît. Il m’initie à l’observation de la faune sauvage, en passant par l’apprentissage des chants d’oiseaux. Lors de nos balades dans le Bas-Jura, les hivers sur les chemins enneigés, nous avions repéré de belles empreintes de lynx dans la neige.
Après avoir vu le premier film de Jean-Michel Bertrand, « La vallée des loups », Gilles et moi, avons été conquis par la façon dont les caméras automatiques filmaient la faune sauvage, dans la plus grande sérénité, sans qu’elle ait la peur de l’homme. Avec Gilles, nous nous procurons chacun une caméra pour les installer là où nous avons vu les empreintes de lynx.
Après avoir été en admiration devant chaque mammifère filmé par nos 2 caméras automatiques, c’est Gilles qui filme le premier lynx. Quelle joie et quelle émotion cela procure de voir cet animal si prestigieux à nos yeux, alors que j’ignorais totalement sa présence dans le coin des années auparavant.
Quelques mois plus tard, c’est à mon tour de voir ce magnifique fantôme de nos belles forêts sur ma caméra. Cela a créé en moi une très grande émotion, en retrouvant un regard émerveillé d’enfance devant des montagnes de cadeaux à Noël.
Un jour, dans l’épicerie de mon village, je vois un flyer de l’association, « IGMA biodiversité ». En regardant le site internet de l’association, je comprends tout de suite le sens de suivre et protéger cet animal si majestueux à mes yeux.
Depuis 2 ans, avec Gilles, nous sommes adhérents et nous partageons volontiers nos observations par les caméras automatiques. Nous sommes novices dans ce domaine, nous n’avons pas encore trouvé de point de marquage, mais surtout nous ne souhaitons pas impacter son environnement, et nous essayons d’être le moins intrusif possible, en espaçant le plus possible les relevés des données des caméras. Aujourd’hui, avec Gilles, nous possédons une dizaine de caméras, pour ainsi élargir le périmètre d’observation.
Ce qui est magnifique, c’est de joindre l’utile à l’agréable, en faisant des randonnées pour aller ouvrir et découvrir les trésors qui se cachent dans ces boites qui gardent précieusement la sérénité de la faune sauvage…
Je travaille dans un établissement avec des personnes adultes, en situation de handicap et qui sont atteintes de paralysie cérébrale, elles sont en fauteuil roulant. J’ai pu mettre en place une activité où nous sommes allés installer une caméra automatique sur des terrains adaptés.
Par cette activité, j’ai pu transmettre le bien être sensoriel par le son du vent qui fait bouger les feuilles des arbres, ou encore l’odeur des plantes sauvages, comme l’ail des ours, et ainsi sensibiliser ces personnes à la faune et la flore sauvage, dans les environs de l’établissement.
Avec les résidents, nous n’avons pas encore observé le lynx, mais je leur en parle beaucoup et on l’observe à travers mes photos et vidéos…
🎥vidéo de Guillaume auteur de ce témoignage

Guillaume Thomé